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    L’application Beam permet aux professionnels de la santé d’utiliser les lunettes intelligentes comme outil de partage des consultations médicales.

    L’utilisation des Google Glass en milieu hospitalier n’est pas une nouveauté et a déjà fait ses preuves avec des opérations chirurgicales menées aux Etats-Unis et en Espagne. Outils favorisant l’innovation médicale telle que l’aide au diagnostic instantané, les lunettes intelligentes se dotent de nouvelles fonctions à l’aide d’applications diverses. La dernière en date est l’application Beam développée par la startup Remedy. Noor Siddiqui, co-fondatrice et âgée de 19 ans, a bénéficié d’une bourse délivrée par le projet Thiel Fellowship, soutenant les innovateurs de moins de 20 ans aux Etats-Unis. Son application permet d’utiliser les Google Glass pour filmer une consultation médicale et la partager à un médecin spécialisé qui la visionnera à distance.

    Partager sur une plateforme sécurisée

    L’application Beam permet au médecin présent aux côtés du patient de capturer des images ou vidéos en direct et de les partager sur une plateforme sécurisée. Le médecin spécialisé peut accéder au contenu enregistré sur la plateforme grâce à un identifiant personnel. "La caméra présente sur les Google Glass permet au spécialiste de voir le patient à travers les yeux du personnel hospitalier présent dans la chambre" explique Noor Siddiqui. Il pourra envoyer son diagnostic qui sera reçu à travers les lunettes de manière asynchrone ou bien discuter des traitements adaptés au patient par vidéoconférence de manière synchrone lors de cas urgents.

    Une collaboration en temps réel

    La consultation partagée à l’aide des Google Glass constituerait un outil performant pour les médecins consultés à distance souvent confrontés à l’incapacité de voir le patient. "La médecine est une profession visuelle, mais les médecins ne reçoivent pas toujours l’information visuelle dont ils ont besoin pour fournir un diagnostic et gérer les patients." déclare Noor Siddiqui. L’application permet donc une collaboration en temps réel et directement en milieu hospitalier. "Nous avons développé Beam pour fournir une information visuelle aux experts, réduire les erreurs médicales, améliorer la supervision et la pratique, et surtout favoriser l’exactitude des données médicales." conclut Noor Siddiqui. L’application lancée en avril en 2014 est actuellement en phase de test à l’université d’Harvard.




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    Lundi 28 avril, s’achève la consultation publique sur l’ouverture des données publiques de santé lancée en novembre 2013 par le ministère des Affaires sociales. Un sujet sensible, car les données de santé touchent à l’intime de chaque citoyen, et imposent donc un respect de la vie privée, mais aussi parce qu’elles aiguisent l’appétit de nombreux acteurs. Trois experts des données de santé expliquent à quelles conditions l’ouverture des données de santé est envisageable, et proposent leur modèle.

    Norbert Paquel, Pierre Desmarais, Denis Berthault,respectivement consultant, et spécialiste des données de santé ; avocat spécialiste des données de santé ; co-animateur du groupe de travail « Données publiques » du GFII

     

    I – Le cadre du débatII – L’opendata, une obligation pour la CNAMIII – L’ouverture du SNIIRAM doit se faire de façon rationnelle, par étapeIV – La nécessité d’organiser l’accès aux donnéesV – Conclusion I – Le cadre du débat

    Au commencement était le Médiator - Médiator… Médiator n’est pas qu’une crise sanitaire. C’est aussi le scandale par lequel le courant de l’opendata en santé, jusqu’alors réservé à quelques initiés, s’est mû en un véritable mouvement militant pour l’open Government. La communication des données relatives à la consommation du Médiator à des acteurs privés de la santé, récemment autorisée par la Commission d’Accès aux Documents Administratifs, l’illustre parfaitement. Au cœur de cette mutation : la donnée de santé. Ou plutôt les bases de données de santé.

    Mais qu’est-ce au juste qu’une donnée de santé ? - (1) Les autorités françaises et communautaires, les pouvoirs exécutifs et législatifs n’ont toujours pas réussi à trancher. Inclure dans cette notion les données relatives à l’état de santé physique ou psychique est indispensable, prendre en compte les données médico-sociales relatives à l’individu serait logique, prendre en compte le bien-être, élément constitutif de la bonne santé selon l’OMS, est certainement exclu, parce que trop impalpable. Mais quid alors des informations relatives à la facturation des prestations et produits remboursables par l’Assurance Maladie, qui ont permis de démontrer que 80% des prescriptions de Médiator n’étaient pas justifiées par un diabète ?

    Le problème de la donnée de santé n’est pas tant sa définition que sa volatilité et son éparpillement - Aujourd’hui, les données de santé, protéiformes, jalonnent le parcours de soins : l’agenda du professionnel de santé, l’ordonnance, la feuille de soin, la commande à la pharmacie, l’historique des remboursements, le PMSI hospitalier, etc. L’évolution du système de santé et des outils techniques a déstabilisé cette situation simple.

    Le souci de continuité des soins et de parcours de la personne, la prise en compte des facteurs d’environnement et des facteurs sociaux, le suivi de traitements ou d’assistance au domicile ou en établissement de retraite ont donné un nouvel aspect à la santé.

    Désormais, la volatilité de la notion s’exprime également dans la multiplication des administrations, de l’Etat ou décentralisées, traitant des données de santé : les conseils généraux, au titre de la Protection Maternelle et Infantile (PMI), les établissements scolaires pour contrôler les vaccinations obligatoires ou gérer les Classes d’Intégration Scolaire (CLIS), les villes pour la gestion des Centres Communaux d’Actions Sociales (CCAS) ou préparer les Plans Canicules…

    Au centre des débats, le SNIIRAM - Le saint du saint de la donnée de santé, c’est le Système National d’Information Inter Régime de l’Assurance Maladie (SNIIRAM). Issue des données des différents régimes d’assurance maladie et produite et exploitée par la CNAM-TS, cette base de données serait la plus grande au monde. Elle centralise les données nécessaires au remboursement et à la gestion des dépenses, mais ces données attisent aujourd’hui la convoitise afin de répondre à d’autres enjeux.

    Enjeux liés à l’accès aux données de santé - L’omniprésence de la donnée de santé montre son importance dans l’organisation des politiques publiques. Mais l’accès aux bases de données de santé, et plus particulièrement au SNIIRAM, présente d’autres intérêts.

    L’opendata en matière de santé publique et de recherche, c’est la promesse d’étendre l’indication de médicaments(2), de préserver la santé publique en repérant les évènements massifs ou, au contraire, des signaux faibles comme le début d’épidémies ou des attaques biochimiques, de piloter avec une précision quasi chirurgicale les politiques de santé publique afin de les adapter aux besoins nationaux et locaux de la population, d’assurer la sécurité sanitaire en suivant l’utilisation des produits de santé et notamment leurs prescriptions hors AMM.

    Dans ces deux domaines, les délais de réaction sont à l’évidence importants. Partager l’exploitation des données de santé avec des tiers capables de les analyser et de les traiter pour répondre à des questions spécifiques présenterait un avantage indéniable.

    Avouons-le, l’intérêt du secteur privé pour les données de santé n’est pas totalement désintéressé. On peut même envisager des enjeux économiques lourds dans un monde où l’argent doit pourtant être discret. Ce n’est pas étonnant. Les responsables politiques s’inquiètent de la croissance de la dépense de santé.

    Avec 12% du PIB en France, elle est aujourd’hui la plus élevée en Europe, à égalité environ avec les Pays Bas, et seulement derrière les Etats-Unis – 18% – pour les pays de l’OCDE. Tout indique que les facteurs de cette croissance désormais étonnante ne sont pas contrôlés et que, sauf réformes profondes, elle va continuer en direction du niveau américain.
    Afin d’éviter une commercialisation à outrance du secteur, l’accès aux données a été refusé aux acteurs ayant un but lucratif, entre autres les assureurs ou les laboratoires pharmaceutiques. Et puis, petit à petit, les blocages ont sauté, jusqu’à ce que la CNIL autorise AXA et CEGEDIM à récupérer et anonymiser les prescriptions exécutées en pharmacie.

    L’ouverture s’imposerait-elle ici par souci d’égalité entre acteurs ? Et si l’ouverture des données de santé permettait non pas de réduire, ni même de freiner la dépense, mais d’assurer une meilleure économie de l’ensemble du système ?

    La dépense de santé correspond à des activités économiques essentielles en termes d’emploi, de progrès des techniques, de production. L’industrie pharmaceutique française occupe des positions fortes et dans un domaine éloigné et nouveau, les jeunes pousses de la e-santé ont rencontré un incontestable succès lors du Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas de mars 2014.
    Il y a un grand avenir dans ce qui est aussi un grand marché mondial. Mais  l’ouverture des données de santé n’est pas seulement intéressante parce qu’elle va permettre le développement de nouveaux services et donc de « jeunes pousses » ou grandes sociétés capables de les réutiliser pour produire des services.

    Au delà, une meilleure circulation de l’information entre les acteurs, y compris publics, et la création de nouveaux services doivent permettre d’éclairer les politiques des uns et des autres, d’optimiser le fonctionnement du système et donc de faire plus sous contrainte économique sévère. Pour progresser, il vaut mieux savoir où on est et où on va. Les premiers intéressés à l’ouverture devraient donc être l’Etat et la CNAM…

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    II – L’opendata, une obligation pour la CNAM

    L’opendata, de la faculté à l’obligation - Le 17 novembre 2003, l’Union Européenne a invité les Etat membres à réfléchir, voire permettre, la réutilisation des données publiques. 10 ans plus tard, le 26 juin 2013, elle change de braquet : l’opendata devient une obligation pour les acteurs publics, applicable au plus tard le 18 juillet 2015. L’Etat, les collectivités territoriales et toutes leurs extensions sont concernés. En tant qu’établissement public administratif de l’Etat, la CNAM ne fait pas exception.

    La nécessaire conciliation entre opendata et droits de la personne. L’ouverture du SNIIRAM n’est donc qu’une question de temps. Oui, mais ce n’est pas si simple. Cette ouverture doit se faire dans le respect des droits des tiers.

    Rappelons-le : sauf exception, des données personnelles, des droit de propriété intellectuelle, des informations issues d’un établissement public industriel et commercial ne peuvent être communiquées. Il va donc falloir trier et séparer les données publiques réutilisables en elles-mêmes de celles qui devront faire l’objet d’un « retraitement » avant leur diffusion et d’autres encore qui devront demeurer confidentielles.

    L’opération devra être réalisée avec minutie - Le risque est important. La donnée de santé, sensible, est férocement protégée par la CNIL et l’ASIP Santé (l’agence des systèmes d’information partagés de santé, ndlr). Toute diffusion illicite expose la personne publique à une peine de 5 ans d’emprisonnement et 300 000 euros d’amende.

    Que ce soit le directeur de la CNAM, en tant que représentant légal du producteur du SNIIRAM, ou les présidents de conseils généraux, pour la réutilisation des données médico-sociales ou de la PMI, tous les représentants d’organismes publics qui organiseront la réutilisation des données de santé devront s’assurer du respect de cette contrainte.

    L’opendata, serait donc une nouvelle contrainte juridique et une charge pour les organismes du secteur public - Peut-être pas. Au contraire, on pourrait même envisager que les organismes du secteur public tirent profit de l’ouverture de leurs données de santé.
    En elles-même, les données de santé n’ont aucune valeur, celle-ci résultant de leur traitement. La valorisation n’intervient donc qu’au niveau de la base de données. Le pilotage rationnel de l’action médico-sociale d’un conseil général suppose de détenir des données globales, et non pas de pouvoir accéder à des données de santé individuelles.

    Or, la constitution de ces bases est un réel investissement. La CNAM a mis 10 ans à construire le SNIIRAM et elle occupe plus de 200 personnes pour le gérer et le maintenir. La facturation des requêtes SNIIRAM par d’autres personnes morales que les services de l’Etat et organismes chargés d’une mission de service public permet donc à la Caisse sinon un ROI, à tout le moins de réduire le reste à charge lié à la production et l’exploitation du SNIIRAM (3).

    La question du coût de l’ouverture des données, mais aussi d’information, de standardisation technique, etc. va donc se poser à tous les acteurs qui, après la CNAM, ouvriront leurs données. Là encore, adopter une vision globale permettra d’envisager un ROI d’une autre nature.

    Aucune étude solide ne semble pour l’heure avoir été réalisée sur les gains économiques à attendre du fait de l’ouverture des données de santé. Mais cela devrait logiquement conduire à rationaliser l’organisation du système de santé et à améliorer la réactivité des autorités en terme de santé publique.

    L’ouverture du SNIIRAM améliorera ainsi le parcours de soins, si cher au ministère de la Santé et à la CNAM, facilitera le repérage de circuits inutiles et coûteux, étendra ou restreindra l’indication de médicaments, permettant ainsi une diminution de leurs tarifs de responsabilité ou au contraire la limitation de prescriptions injustifiées.

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    III – L’ouverture du SNIIRAM doit se faire de façon rationnelle, par étape

    SNIIRAM, terreau de l’opendata santé français - Bien sûr, il existe d’autres bases de données de santé (4). Mais le SNIIRAM comportant 80% des données de santé actuellement utilisables, c’est sur cette base de données qu’il convient logiquement de forger le cadre de l’opendata santé.

    Pour autant, l’énorme travail entrepris par le SNIIRAM ne peut et ne pourra être transposé tel quel à l’ensemble des données existantes ou à venir. Il est essentiel de permettre une coopération d’acteurs multiples autour d’un schéma général et avec des règles générales pour le contrôle afin de produire, à la source, des données interopérables.

    En effet, aujourd’hui, il n’y a pas d’uniformité, ni même de moyens de passage, entre les très nombreuses nomenclatures et définitions de données – que ce soit entre la recherche, la clinique et la gestion, entre même les différentes spécialités médicales.

    Outre le fait qu’il n’est pas possible de modifier facilement les outils et interfaces des médecins et des autres professionnels ou de modifier des nomenclatures de spécialités, il faut régler des difficultés connues : ainsi les nomenclatures de pathologies et d’activité pour un généraliste qui cherche un diagnostic à partir de symptômes et pour un spécialiste sont différentes et le suivi du parcours de soins doit cependant les rapprocher.
    De même, les formats techniques sont liés à des systèmes de différentes époques et les langages utilisés sont divers.
    Enfin, l’essentiel dans le rapprochement d’informations est la reconnaissance des méta-données, qui indiquent la nature des données et documents accessibles. Cette typologie unique et fondamentale est à construire (le DMP l’a fait pour une partie du domaine médical et c’est déjà un résultat très important).

    Entamer le processus aussi tôt que possible - L’opendata sera obligatoire à l’été 2015. Pour éviter une réforme en catastrophe, et donc catastrophique, du droit français, les différents partenaires doivent travailler en bonne intelligence sur les réformes à entreprendre.

    L’objectif n’est pas d’être en conformité avec le droit européen. L’objectif de l’ouverture des données de santé est d’améliorer le système d’information pour les patients et les professionnels, pour l’offre de soins et pour l’assurance-maladie obligatoire et complémentaire, pour les fournisseurs de la pharmacie et du dispositif médical et enfin pour les acteurs de l’économie numérique, qui seront partie prenante de cette ouverture et des nouveaux services qu’elle peut permettre. Cela implique l’obtention d’un consensus en définissant une feuille de route par étapes, et en commençant par des avancées mêmes modestes.

    Première étape, quelles données et pour qui ? Les conditions d’accès aux données de santé varient aujourd’hui selon la nature juridique du demandeur, sa profession, le caractère lucratif ou non de la réutilisation projetée, voire l’autorité à laquelle est faite la demande.

    Les critères pour l’accès et la réutilisation des données doivent être clarifiés, modifiés, élargis. Le Président de l’Institut des données de santé, Christian Babusiaux, a préconisé de laisser accès au SNIIRAM seulement à « un nombre d’acteurs identifiés et qui ont une légitimité à le faire » (5), considérant que l’opendata santé devait se limiter à l’utilisation du SNIIRAM à des fins de recherche et de statistiques. Un tel système ne serait probablement pas conforme à la législation européenne.

    Les principes à appliquer sont d’abord ceux que les spécialistes de l’industrie de l’information ont de longue date identifiées pour l’ouverture et la réutilisation des données publiques de toutes natures : contrôle strict et règles d’anonymisation (6) pour les données personnelles, mise en place de licences précisant les droits et devoirs des producteurs et des réutilisateurs, non discrimination attachée à la nature ou au statut du réutilisateur, normalisation des formats et des méta-données.

    C’en est donc fini de la liste restreinte et fermée des personnes habilitées à accéder au SNIIRAM, de la discrimination entre société à but lucratif et association et de la nécessité d’attendre le bon vouloir de la Caisse. Place à la transparence et à l’égalité d’accès, sur la base de licences et d’engagements.

    La criticité des données issues du SNIIRAM rend indispensable la signature d’une licence avec chaque réutilisateur. On ne peut en effet pas sérieusement envisager la mise en ligne en accès libres de données aussi intimes (cf. infra). Pour préserver le secret médical et la vie privée des individus tout en libéralisant l’accès aux données, au moins deux types de licence devraient être envisagées.

    La première pourrait résulter d’un acte type. Elle autoriserait l’accès des réutilisateurs, dits de « niveau 1 », à une base dans laquelle du bruit aurait été ajouté. Mieux, les jeux de données accessibles seraient partiels, adaptés au besoin du réutilisateur, et fournis exclusivement sous forme agrégée. Avec cette licence réglementaire, les réutilisateurs souscriraient à un engagement de conformité leur interdisant la diffusion des données ainsi que toute interconnexion, tout rapprochement, tout recoupement avec d’autres traitements de données.

    La seconde serait réservée à des acteurs poursuivant un objectif en lien avec la santé publique, telle que définie ci-dessus. L’autorisation d’accès ne reposerait pas sur des critères organiques mais sur une considération in concreto des objectifs, des moyens mis en œuvre et des contrôles possibles. Il ne serait pas lié, y compris pour les organismes de recherche, à leur statut, notamment au caractère lucratif ou non de leur activité mais pourrait reposer sur un contrôle de conformité a priori ou sur la production d’une étude d’impact relative à la protection des données.

    Le niveau 2 serait évidemment accessible, avec les mêmes conditions, aux utilisateurs de niveau 1 souhaitant procéder à une interconnexion. Le contenu de la licence serait négocié de gré-à-gré pour être adapté notamment à la nature et au volume de données accessibles, à l’objet de la réutilisation. Des principes tenant à la sécurité des données seraient imposés.

    Deuxième étape, permettre le traitement du NIR - L’intérêt majeur du SNIIRAM, en particulier pour les chercheurs, pour les gestionnaires du système ou pour les responsables de la santé publique tient au fait que les données sont chaînées.
    Un algorithme particulier, dénommé FOIN, permet de supprimer toutes les données directement identifiantes (nom, prénom, NIR) tout en attribuant à chaque personne un identifiant unique. Ce chaînage permet de retracer l’historique médical d’un individu déterminé dans la base. Mais cet identifiant reste interne au SNIIRAM.

    Pourquoi recourir à un mécanisme aussi complexe, alors que le Numéro d’Inscription au Répertoire national d’identification des personnes physiques (NIR), plus communément appelé « numéro de sécu », permettrait d’aboutir au même résultat et sans difficulté ? Parce que la CNIL a cantonné l’utilisation du NIR à « la sphère sociale », interdisant d’y recourir en tant qu’identifiant unique. En prohibant l’utilisation du NIR, la doctrine du cantonnement rend impossible l’appariement des données issues du SNIIRAM avec d’autres données.
    Pour remédier à cette difficulté, il faut renoncer à cette doctrine et permettre l’identification des malades par leur NIR dans les bases de données. Une réflexion est déjà en cours sur ce point, au niveau de l’ASIP Santé, de la CNIL et du ministère de la Santé.

    Naturellement, seuls les réutilisateurs de niveau 2 pourraient avoir accès au NIR. Les réutilisateurs de niveau 1 ne pouvant procéder à des rapprochements de données, ils n’auraient pas l’usage d’une telle donnée.

    Troisième étape, une réforme législative - La législation n’a pas été prévue pour l’opendata, surtout en matière de santé. L’ouverture du SNIIRAM à deux catégories de réutilisateurs passe nécessairement par l’adoption d’une loi, seul moyen pour lever les obstacles juridiques actuels. En tout état de cause, la reprise des textes est indispensable pour se mettre en conformité avec la directive Opendata de 2013 ainsi que pour faciliter le traitement de l’information médicale.

    La protection des données personnelles. Soucieux de préserver le secret médical, le Code de la Sécurité Sociale et la loi Informatique et Libertés s’opposent à l’ouverture du SNIIRAM. Les données contenues dans cette base sont en effet simplement « pseudonymisées », leur chaînage permettant d’envisager une « réidentification » du malade, d’où un enjeu important en terme de protection des données personnelles (7).

    Bien qu’envisageable, la réversibilité du processus de pseudonymisation exige des ressources d’analyse des données et des outils qui sont encore lourds et coûteux. Il faut cependant admettre que le risque de réidentification ne peut, de toutes façons, être nul.

    La rigueur des textes, qui entrave l’exploitation des données de santé pour la recherche, pour la veille sanitaire et la santé publique et pour l’optimisation du système et sa gestion, doit donc être atténuée si l’on souhaite ouvrir SNIIRAM.

    Dans cet objectif, le Code de la Sécurité Sociale devrait abandonner l’idée d’anonymat des données, purement factice à l’heure du Big Data, jeter les base des licences, imposer au producteur de la base de données d’y introduire du bruit.

    La seconde évolution dans ce domaine serait d’anticiper sur les évolutions législatives européennes pour assouplir la notion de données indirectement identifiantes. Elle permettrait aux réutilisateurs de niveau 2 d’accéder librement aux données et de les apparier en utilisant le NIR. Ceux de niveau 1 pourraient soit bénéficier d’une exception BigData au principe d’adéquation des données soit se voir proposer des jeux de données différents en fonction de leur objectif. Cette dernière option permettrait la définition d’une politique de gestion de la durée de conservation, en fonction de la criticité des données accessibles.

    Faciliter le traitement de l’information médicale - En l’état actuel du droit, les données de santé relatives à un patient ne peuvent en aucun cas être traitées sans son consentement. Cette situation présente un frein réel à l’activité des professionnels de santé et au déploiement du DMP et du DP.

    Pour y remédier, certaines instances publiques n’ont pas hésité à prôner une pratique contra legem (8).
    La réforme législative pour l’ouverture des données de santé devrait donc accompagner une réforme du Code de la Santé Publique et mettre en place une présomption de consentement à la collecte des données (DMP, DP, etc.) et à leur réutilisation à des fins de santé publique. Ce faisant, les réutilisateurs n’auraient pas à réidentifier les personnes concernées à la simple fin de s’acquitter des obligations d’information et de consentement préalable mises à la charge de tout responsable de traitement.

    La loi sur l’accès aux documents administratifs. La loi « CADA » du 17 juillet 1978 intègre déjà quelques dispositions sur l’opendata, mais la réforme européenne de juillet 2013 rend sa révision indispensable. A cette occasion, le législateur devrait permettre expressément la réutilisation de données indirectement identifiantes sans le consentement de l’intéressé, dès lors que les données sont agrégées ou bruitées.

    Pour les réutilisateurs de niveau 2, l’interdiction de communication et, partant, de réutilisation de données « dont la communication porterait atteinte à la protection de la vie privée, au secret médical » serait purement et simplement supprimée.

    Et la propriété intellectuelle ? Le SNIIRAM est une base de données, protégée au titre du Code de la Propriété Intellectuelle. La loi devra donc s’efforcer de concilier le droit que détient la CNAM sur la base SNIIRAM avec les motifs d’intérêt général à l’origine de son ouverture.

    Cela supposerait logiquement de compenser le coût supporté par la CNAM pour la gestion de la base, les extractions, l’introduction de bruit, etc. Ces charges sont à prendre en compte dans l’organisation, qui fait l’objet des paragraphes suivants.

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    IV – La nécessité d’organiser l’accès aux données

    Un pilote unique pour l’opendata santé - Actuellement, le processus d’ouverture du SNIIRAM est au point mort, et ce largement du fait de la double commande du système : d’une part, l’Etat et ses relais régionaux, les ARS, gestionnaires de l’offre hospitalière et la santé publique, et d’autre part, la CNAM, qui contrôle les flux financiers, les tarifs, les relations avec la médecine de ville et le Comité d’Orientation et de Pilotage de l’Information Inter-Régimes (COPIIR) qui contrôle le SNIIRAM.

    Entre ces deux acteurs, on trouve l’Institut des Données de Santé (IDS) et la CNIL, chargés d’assurer la sécurité de l’accès et du partage des données, et du respect du secret médical et des libertés individuelles, et la CADA, compétentes en matière de réutilisation des informations publiques.
    Enfin, un troisième cercle est composé de l’ASIP Santé pour la technique, du CNIS pour l’usage statistique et du CCTIRS pour la recherche dans le domaine de la santé.

    Ce fractionnement des pouvoirs et compétences est nuisible au bon fonctionnement du système. Constituer une gouvernance unique des données de santé est impératif. Eradiquer la gouvernance multicéphale, c’est assurer l’harmonisation des conditions d’accès aux données sans alourdir les missions des organismes du secteur public fournisseurs de données.
    L’organisme pilote devrait permettre de mettre en place plus qu’une politique de l’opendata, une véritable politique des données de santé, au sens le plus large du terme.

    Pour mettre en place ce pilote, il  faut dépasser les querelles institutionnelles et  politiques et organiser une vraie vigilance sanitaire. La mission est d’autant plus délicate que lancer un grand programme en santé dans la situation économique actuelle et après les déboires du DMP semble impensable.

    Afin d’éviter de maintenir les germes de ces querelles, un nouvel organisme devrait être créé à la place de l’IDS, avec une  gouvernance et des pouvoirs et compétences modifiés et renforcés, tout en cherchant à capitaliser sur l’expérience acquise par l’Institut en matière d’opendata santé.

    Un organisme sans but lucratif pour gérer l’opendata santé - Le pilote aura aussi un rôle important d’interface. Le successeur de l’IDS pourrait être un organisme sans but lucratif (OSBL) auquel il serait obligatoire d’adhérer pour pouvoir réutiliser les données. Ce genre de mécanisme existe en matière bancaire et assurantielle et a largement fait ses preuves pour l’autodiscipline de ces secteurs d’activité.

    Cet OSBL définirait le montant des cotisations à acquitter pour assurer tout ou partie de son fonctionnement et pour couvrir les frais liés à l’extraction, la mise en forme éventuelle et la réutilisation des données publiques.

    Dans un premier temps, il aurait en charge le SNIIRAM mais il pourrait ensuite s’ouvrir à tous les producteurs de données de santé. Cet acteur constituerait un monopsone (9) pour le SNIIRAM, que la CNAM continuerait à gérer. Il pourrait donc financer les travaux d’extraction ou de mise aux normes par exemple. Tiers de confiance autofinancé, cet organisme serait chargé de certifier les réutilisateurs, signer les licences, délivrer les jeux de données idoines, contrôler le respect des droits et obligations de chacun, etc.

    Financer l’ouverture du SNIIRAM - La fonction d’intermédiation financière de l’organisme à créer est essentielle. En effet, pour avoir des données de santé fiables, accessibles et diffusables, il va falloir  investir.

    Aucune institution publique existante n’a les moyens, matériels, humains et financiers pour reprendre l’ensemble du chantier et qui plus est de maintenir un système fiable et cohérent au travers des évolutions à venir du système sanitaire et social et des outils techniques.

    La question du financement de l’ouverture du SNIIRAM est d’ailleurs au cœur du problème pour la CNAM. A l’automne 2013, elle s’est ainsi opposée à une demande d’extraction de données SNIIRAM présentée par le Collectif Initiative Transparence Santé en raison du coût engendré par une telle demande (10).

    Avec la création d’un monopsone intermédiaire, la CNAM ne donnerait accès à la base qu’à un organisme sans but lucratif. Ce « tiers de confiance », autofinancé, serait chargé de certifier les réutilisateurs, signer les licences, délivrer les jeux de données idoines, contrôler le respect des droits et obligations de chacun, etc.

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    V – Conclusion

    Aujourd’hui, la France dispose d’un trésor impressionnant en matière de données en raison de l’organisation ancienne et solide de son système. Ce trésor n’est exploité que pour une infime partie de ses possibilités, et c’est pourquoi une politique des données du SNIIRAM, et non seulement de son ouverture, est un enjeu national.

    Cependant, à quelques années d’ici, les problèmes posés par la circulation des données sur les différents réseaux vont exploser dans tous les secteurs, et singulièrement dans la santé. En effet, de multiples autres sources vont se créer et avec elles des bases importantes : ce seront les données des dossiers médicaux partagés, quels qu’ils soient, mais aussi celles qui vont résulter de la prolifération de dispositifs médicaux communicants et d’applications mobiles.

    Par ailleurs, la coordination des systèmes de protection sociale, les objectifs de prise en charge de la dépendance, de maintien au domicile, de suivi des parcours des Personnes âgées en risque de perte d’autonomie (PAERPA) exigent de passer dans les faits à la une définition plus large de la notion de santé, sans pour autant atteindre celle de l’OMS, et donc de pouvoir disposer d’informations incluant l’environnement familial et social de la personne.
    Déjà, les collectivités, dans le cadre de l’APA, du handicap, des liens avec les CLIC ou avec les CCAS, disposent de données relative à la santé de leurs usagers.

    La responsabilisation du patient va renforcer aussi la pression des associations et des élus pour avoir accès à des informations permettant d’améliorer, la prévention, la veille sanitaire, la santé publique.

    C’est bien une politique de la création, de la protection, de l’exploitation, de la diffusion et des usages des données de santé qui doit être mise en place. Une telle politique s’imposera progressivement à tous les acteurs et donc pas seulement à l’Etat et à l’Assurance maladie.
    Dans un premier temps, d’ailleurs, elle devra pouvoir s’appliquer aux collectivités territoriales qui, de fait, gèrent et gèreront de plus en plus de données de santé, en raison déjà de leur implication dans la prise en charge de la dépendance et en général dans l’action sociale.

    Il faudra aller plus loin pour garantir la protection des données personnelles en tenant compte de la spécificité et des exigences fortes pour la santé. Ce sont toutes les données de santé qui doivent pouvoir circuler sans pour autant enfreindre l’exigence première, déjà inscrite dans les textes, de la protection de la vie privée. Cette politique des données devra être aussi menée au niveau international et, au premier chef au niveau européen.

    Une autre approche est donc nécessaire, et inévitable. Mieux vaut s’y prendre tôt et assurer une transition progressive et contrôlée entre des systèmes qui protégeaient des bases et des systèmes protégeant les blocs de données, où qu’ils soient et où qu’ils circulent. Ceci est une autre histoire : c’est celle de la sécurité et de la confidentialité dans le monde des réseaux, du Web des objets et des Big data. C’est aussi celle de la gouvernance de l’Internet mondial, ou des Internet mondiaux.

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    Il ne se passe pas une semaine sans annonce de nouvel objet connecté santé ou de nouvelle application santé. La presse, même généraliste, se fait largement l’écho de ce nouveau phénomène de société. Dans un premier temps apanage des seuls geeks ou sportifs assidus, la santé connectée a désormais pénétré le smartphone de tout-un-chacun, ce tout-un-chacun étant tout de même plutôt un homme de moins de 35 ans, parisien et CSP+[1].

    Il n’est pas inutile de rappeler que la santé connectée est la conséquence logique des deux révolutions qui ont changé le monde en un temps record. La révolution Internet tout d’abord, qui a permis l’accès à tous à la connaissance, une sorte d’Encyclopédie de Diderot sans début ni fin, qui serait accessible à tous, partagée entre tous, et sans cesse enrichie. La révolution Smartphone ensuite, fabuleux concentré de technologies, ordinateur de poche aux mille possibilités qui fait de nous des êtres connectés, en tout lieu et à tout moment.

    Le premier challenge de la santé connectée était de séduire le plus grand nombre possible d’utilisateurs. Ce challenge est en passe d’être remporté grâce aux efforts majeurs d’ergonomie et de design apportés par les fabricants à leurs solutions, qui sont aujourd’hui dans leur grande majorité ludiques et agréables d’utilisation. Les premiers chiffres disponibles - déjà 5% des Français ont recours à un objet connecté pour mesurer leur santé alors que le marché est encore émergent [2] – sont annonciateurs d’un développement ultra-rapide. Les professionnels de santé eux-mêmes sont des utilisateurs assidus à titre personnel [3]. Un écueil à surmonter sera cependant de créer les conditions d’une mise en cohérence des différentes solutions proposées, sans laquelle la santé connectée dans son ensemble risque à terme de devenir illisible pour le public.

    Après avoir conquis le marché du wellness, il reste cependant aux acteurs du secteur à s’imposer sur celui de la médecine connectée, c’est-à-dire celui des solutions qui s’adressent non pas à des sportifs hypocondriaques mais à de vrais malades et à leurs soignants. Il s’agit, au-delà du caractère sexy des objets ou applications concernés, de justifier leur utilité et leur fiabilité aux publics particulièrement critiques et exigeants que sont le corps médical, les associations de patients, et les instances réglementaires (CNIL, ASIP, HAS, etc.). Ce sera sans doute long et difficile mais c’est la condition sine qua non pour que cette vague d’innovation atteigne le rivage convoité de la Médecine.

    [1]Les Français et l’internet santé, Etude TNS Sofres pour LauMa communication et Patients & Web, avril 2013 ; [2] Baromètre de l’innovation, sondage par BVA pour le Syntec numérique, 12 février 2014 ; Baromètre Vidal/CNOM 2012 : Les médecins utilisateurs de smartphones

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    Les médecins du monde entier réaliseront cette année cent millions de consultations par internet, soit une augmentation de 400% par rapport à il y a seulement deux ans, affirme une étude publiée jeudi au Panama dans sa version espagnole.



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    Les professionnels de la santé ont adopté les nouvelles technologies mais les patients ne sont pas encore satisfaits des services existants. Ce fossé numérique est-il amené à se combler et comment ?

    Entretien avec Rick Ratliff, Directeur du pôle santé connectée à Accenture US, qui revient sur le concept de fossé numérique ou "digital gap" dans le secteur de la santé.

    L'Atelier : Comment se crée le fossé numérique ? Quels chiffres en attestent?

    Rick Ratliff : D’un côté, il y a une volonté de la part des patients de communiquer davantage de manière électronique avec leurs médecins envoyant la balle dans le camp des professionnels de santé. Mais de l’autre côté, ces professionnels affirment que quand les patients ont accès à une communication électronique, plus de la moitié n’en est pas capable. C’est là que réside le fossé numérique.

    Plus de 91%* des professionnels de la santé utilisent le dossier médical électronique (DME) dans différents établissements de santé et plus de 60% des médecins l’utilisent dans leur propre cabinet. Globalement les médecins adoptent la technologie et l’utilisent pour fournir des soins et collaborer avec d’autres professionnels mais ils ne l’utilisent pas pour communiquer avec les patients. Seulement 10% des docteurs sondés déclarent qu’ils partagent effectivement des informations ou communiquent avec les patients. En 2013, nous avions mené une étude sur l’engagement du patient et nous avons posé cette question : souhaitez-vous communiquer avec les médecins de manière électronique ? Plus de deux tiers des sondés ont répondu positivement et ont déclaré qu’ils souhaitaient au moins pouvoir prendre rendez-vous en ligne, renouveler leur ordonnance, ou envoyer des courriels sécurisés à leur médecin, etc. Et plus de 80% veulent avoir accès à leur DME.

    Comment expliquez-vous cette volonté de la part du patient d’avoir accès à ses données ?

    Aujourd’hui, le patient porte des objets connectés et autres "wearable devices" donc il a la possibilité de vérifier lui-même sa santé. Il s’attend désormais à pouvoir communiquer avec son médecin de la même manière qu’il communique avec ses appareils. Par ailleurs, dans la vie quotidienne, tout peut se faire en ligne sur son mobile : avoir la main sur les finance, payer des factures, acheter des produits, réserver des billets de train, recevoir une notification s’il y a un retard, etc. Pourquoi ne serait-ce pas possible de se connecter avec son médecin et d’accéder aux données médicales qui nous concernent ? D’après l’étude, 52% des patients sondés ont déclaré ne pas être satisfaits de leur expérience et être prêts à changer de médecin traitant pour avoir un meilleur accès à leurs données.

    Ce fossé numérique sera-t-il un jour comblé ? Si oui, qui des patients ou des médecins fera le premier pas ?

    Oui, ce fossé numérique pourra être comblé mais cela prend beaucoup de temps, comme cela a pris du temps pour d’autres aspects. Il y a 30 ans, le dossier médical électronique a été introduit pour remplacer le papier dans les bureaux, mais on ne savait pas vraiment tout ce qu’on allait pouvoir faire avec. Le DME a bien évolué depuis et on l’utilise de plus en plus pour favoriser la communication entre les différentes entités médicales, mais globalement, il a fallu du temps pour l’instaurer.

    En outre, les "wearable devices" sont des outils qui vont contribuer à combler ce fossé. Ils constituent déjà un marché de 1 milliard de dollars pour atteindre, d’après les estimations quelques 20 milliards de dollars d’ici à 2018. Il est donc intéressant d’observer l’évolution de ces avancées technologiques.

    Les médecins ont besoin d’outils qui vont les aider à être plus productifs et apporter un meilleur soin aux patients. Ces derniers sont désormais enclins à se gérer soi-même avec le "quantified self" qui se développe. Même les baby boomers, qui ne sont pas vraiment des "digital natives", utilisent les NTIC (ndlr : nouvelles technologies de l’information et de la communication). Les consommateurs sont désormais plus avancés que les professionnels et ce sera probablement eux qui vont avoir un impact sur le marché et le pousser.

    * Étude sur la santé connectée menée par Accenture auprès de huit pays : Allemagne, Angleterre, Australie, Canada, Espagne, Etats-Unis, France et Singapour. 3 700 professionnels de santé ont été interrogés.




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    OSTEOID. Réparer les fractures osseuses près de 40% plus rapidement qu’avec un plâtre classique ? C’est la prétention de l’Osteoid, un plâtre réalisé par impression 3D et imaginé par le designer turc Deniz Karasahin, qui a reçu pour cette invention le premier prix du A’ Design Award dans la catégorie "3D Printed Forms and Products Design".

    Léger, aéré et résistant à l'eau, l'Osteoid n'empêche pas son porteur de prendre une douche et peut être facilement glissé dans une chemise ou une veste. Il est également peu encombrant, car conçu selon la morphologie du malade.

    Un système de consolidation des fractures par ultrasons

    Surtout, ce plâtre d’un nouveau genre utilise un système à ultrasons qui doit permettre aux os de se ressouder 38% plus rapidement qu'avec un plâtre classique.

    Ce dispositif LIPUS (Low Intensity Pulsed Ultra Sound) qui équipe l'Osteoid est un système de consolidation des fractures par ultrasons de basse intensité à destination des fractures récentes non consolidées.

    Il comporte une unité de commande  reliée par un fil à un petit émetteur d'ultrasons qui doit être placé au-dessus du site de fracture pendant 20 mn par jour. Les alvéoles qui rendent ce plâtre si léger et aéré permettront de placer les électrodes aux endroits les plus propices à la consolidation de l'os.

    LireQuand l’impression 3D se met au service de la santéUn soutien renforcé à l'endroit de la fracture

    Les moulages imprimés seront adaptés à chaque patient. Pour cela, une série de radiographies sera réalisée pour définir la blessure, avant que des scans 3D permettent de disposer d'une vision numérique des muscles.

    Transmises à un logiciel de modélisation, ces données permettront de réaliser le plâtre via une imprimante 3D avec un soutien renforcé à l'endroit de la fracture. Il est enfin installé sur le patient qui le gardera jusqu'à sa guérison.

    Seul inconvénient : un temps de fabrication nettement plus long que celui d'un plâtre classique : ce dernier peut en effet être posé en une dizaine de minutes tandis que l'Osteoid demandera environ 3 heures de fabrication. Mais nul doute qu'avec l'amélioration de l'impression 3D, il sera possible de réduire cette durée à l'avenir.

    Sur le web: Imprimante 3D: la chirurgie gagne en temps et en précision
    Imprimante 3D: la chirurgie gagne...en coursCulture Geek: Construire, manger...Culture Geek: L'impression 3D, une...


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    L’URPS Médecins-Libéraux du Languedoc-Roussillon s’apprête à lancer Cormedal©, un nouveau système d’alerte par smartphone d’utilisation extrêmement simple, pour répondre à l’insécurité croissante des médecins. Une seule application, un seul site web, vont rassembler trois services immédiats. Cette application en phase de finalisaiton technique, présentée le 8 avril à Montpellier, pourrait être fonctionnelle avant l’été. Le service est développé avec la société Salicorne et pourra être proposé à d’autres professions de santé.

    Une seule application, un seul site web = trois services immédiats

    Sur une seule application, à partir d’un seul site web, le médecin disposera de trois services immédiats pour alerter les services de police, mais aussi lancer des alertes sanitaires et rendre compte des gardes.

    • Prévenir les services de gendarmerie et de police en cas de danger
    Depuis son smartphone, sans avoir besoin de boîtier supplémentaire, le médecin pourra lancer un message d’alerte aux services de gendarmerie ou de police. Il aura préalablement enregistré son numéro sur le site web de Cormedal@ et sera immédiatement localisé.
    Le médecin trouvera sur ce site web tous les renseignements pratiques pour mettre en place une vidéosurveillance à son cabinet, recourir aux référents sécurité des services de gendarmerie et de police, voire déclarer tout acte d’incivilité, de vandalisme ou d’agression dont il aura été victime.

    • Lancer des alertes sanitaires
    Cormedal@ permettra d’informer les médecins des alertes sanitaires annoncées par les autorités de santé publique, mais le médecin pourra lancer lui-même des alertes, par exemple s’il constate qu’un patient est atteint d’une maladie contagieuse.

    • Faire un compte rendu très rapide après une visite assurée pendant les heures de garde
    Le médecin doit rendre compte des visites qu’il effectue pendant ses heures de garde, ce qui reste aujourd’hui difficile à concrétiser. Cormedal@ lui permettra de le faire en toute simplicité à partir de formulaires préenregistrés, relié à un seul site consacré à la régulation de la permanence des soins.

    Insécurité

    Face à l’augmentation des actes de violence à l’encontre des médecins n’a jamais été aussi élevé, l’URPS s’est engagée, l’an dernier, à apporter des réponses concrètes, précises et simples aux médecins confrontés à des situations d’insécurité. Or en 2013, 925 déclarations d’incidents ont été signalées par les praticiens, un chiffre en hausse de 16 % par rapport à 2012. Le nombre des actes de violence à l’encontre des médecins n’a jamais été aussi élevé. D’où cette initiative.

    Par ailleurs, l’URPS-LR va ouvrir un site internet pour donner des conseils aux médecins dans le domaine de la sécurité. Il s’agira tout autant des règles à respecter lorsqu’un médecin veut équiper sa salle d’attente en vidéosurveillance que d’aide pour les formulaires à remplir ou déposer une plainte s’il est victime…

    www.urpsml-lr.org



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    Un pendentif sur mesure pour une téléassistance personnaliséePublié le 27 novembre 2013

    Depuis quelques années, les sociétés de téléassistance sont de plus en plus sensibles au design et proposent des bips de téléalarme de plus en plus élégants. Une société américaine Confidence Covers va plus loin en proposant la personnalisation du bouton d’alerte.
    Cette proposition montre que les besoins des utilisateurs évoluent et que comme leurs enfants ou petits enfants qui choisissent une coque pour leur téléphone portable, il sera de plus en plus nécessaire de personnaliser l’accessoire pour avoir envie de le porter sans se sentir stigmatisé.

    A condition que l’étui soit bien conçu et n’obère pas la fonctionnalité d’alarme nous trouvons que c’est une excellente initiative qui va dans le sens d’une démocratisation d’un service que l’on peut offrir à ses parents ou de la fierté de le porter pour assurer sa sécurité.

    En espérant que cette idée fera des émules en France et donnera des idées à des sociétés de téléassistance.

    Hubert Morel pour Teleassistance-telealarme.fr  27/11/2013

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    Alors que l’on parle souvent d’internet comme d’un énorme espace où les informations les plus folles circulent sans obstacles, les professionnels cherchent à s'en servir pour nouer des liens entre eux et avec les patients.

    Internet et l’information santé : le pire ou le meilleur ?Internet n’est pas une source d’informationInternet et l’information santé : le pire ou le meilleur ?

    Il serait plus exact, en fait, de dire le pire ET le meilleur.

    Tout l’intérêt d’internet, c’est la circulation libre de l’information et des idées.

    D’un côté, cela permet aux patients d’avoir accès aux meilleures informations. Saviez-vous que sur le site www.pubmed.com, à condition de parler anglais, vous obtiendrez les résumés d’une très grande majorité de toutes les études scientifiques publiées, sur tous les sujets, dans toutes les revues scientifiques ? C’est entièrement gratuit.

    Par ailleurs, qui dit circulation des idées dit aussi possibilité d’entrer en contact avec d’autres personnes. C’est pourquoi internet est particulièrement précieux pour les patients. Les échanges d’informations, mais aussi simplement le soutien venu de personnes qui traversent les mêmes épreuves, sont très importants, surtout dans le cas des maladies chroniques, douloureuses et/ou difficiles à soigner.

    Mais qui fait le tri ?
    Attention cependant, l’accès à l’information n’est pas quelques chose de positif par définition. Reprenons l’exemple de pubmed : toutes les études auxquelles le site donne accès ne sont pas égales, certaines sont dépassées, d’autres ne sont pas de bonne qualité, voire carrément fantaisistes. Pas évident de faire le tri.

    De même, si le contact entre patients est parfois salutaire, il est aussi une manière de faire circuler de fausses idées, ou une porte d’entrée pour des sectes.

    Internet n’est pas une source d’information

    On devrait plutôt comparer la toile à la place d’une ville ou d’un village. On peut y croiser tout le monde, des médecins compétents mais aussi des personnes mal informées et parfois mal intentionnées. Et faire le tri n’est pas évident.

    C’est pourquoi il est nécessaire de trouver des sources de confiance. Chez e-santé nous essayons, modestement, d’en faire partie. Mais les professionnels de santé eux-mêmes – médecins, sages-femmes, infirmiers et infirmières…  ont maintenant décidé de s’y mettre. Vous trouverez notamment sur Twitter une communauté de soignants très vivace.

    Mais de manière plus directe, les soignants entrent maintenant en contact avec les patients, hors du cadre (utile, mais souvent trop étroit) de la consultation. C’est dans cette lignée que s’inscrit l’initiative du CHwapi (Centre Hospitalier de Wallonie picarde) qui propose maintenant tous les premiers du mois un chat entre futurs parents et gynécologues.

    On le voit, internet n’est qu’un outil, un lieu de rencontre. Ce que l’on y trouve et ce que l’on y apporte, dépend uniquement de notre vigilance et de notre volonté d’apprendre…

    Alors si vous avez besoin d’informations santé, n’hésitez pas à surfer… mais avec précautions.

    Article publié par Marion Garteiser, journaliste santé le 05/05/2014

    Ce billet fait partie du blog de La rédaction e-sante.be, Le blog de la Rédaction




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    En coupant la parole à un malade qui relate ses symptômes ou en gardant les yeux sur son ordinateur, le praticien réduit l'efficacité de sa consultation.

    Regarder son patient dans les yeux, lui donner le temps de décrire ses symptômes sans l'interrompre ou poser des questions ouvertes ne sont pas seulement de banales marques d'attention, mais une véritable compétence clinique. Selon une étude publiée dans la revue scientifique PLOS ONE , la qualité de la relation entre le médecin et ses malades influe directement sur le résultat de la consultation. «Des interventions visant à améliorer la communication ont un effet mesurable sur certains marqueurs de l'état de santé, comme la pression artérielle, la perte de poids ou les scores de douleur», indique le Dr John Kelley, chercheur à l'université de Harvard dans le Massachusetts.

    Avec son équipe, ce spécialiste de psychologie médicale a passé en revue treize études scientifiques mesurant de manière concrète le bénéfice thérapeutique d'une meilleure relation médecin-patient. Les critères subjectifs, comme la satisfaction du malade ou son adhésion à la prescription médicale, ont été ignorés. L'analyse montre que des efforts portés sur la communication ont un impact «faible, mais statistiquement significatif» qui peut être comparé, selon les chercheurs, à la prise d'aspirine pour réduire le risque d'infarctus du myocarde ou aux conséquences d'un sevrage tabagique sur la mortalité masculine après huit ans.

    Interrompu au bout de 18 secondes

    «Comme il y a des millions de consultations médicales, un effet limité à l'échelle individuelle est très intéressant du point de vue de la santé publique», relève le Dr Jacques Puichaud, psychiatre et président d'une association de formation continue aux techniques relationnelles. Au Canada, cet enseignement est obligatoire dès la faculté de médecine. Il est réalisé sous forme de jeux de rôle, lors desquels les futurs médecins développent leur sens de l'empathie et de l'écoute. On apprend notamment à laisser parler son patient, à se positionner physiquement face à lui, à interpréter les signes non verbaux d'anxiété ou encore faire face à ses émotions.

    Des compétences en partie innées, mais qui s'avèrent peu utilisées dans la pratique quotidienne. Un patient qui décrit ses symptômes serait par exemple interrompu au bout de dix-huit secondes en moyenne, selon une étude canadienne. En début d'année, une autre recherche révélait qu'un médecin passe un tiers du temps de la consultation les yeux rivés à son écran. Enfin, il a été démontré que médecin et patient ont souvent du mal à s'entendre sur la nature du problème.

    Le patient, un acteur à part entière

    Le Dr Puichaud résume ainsi l'objectif des techniques relationnelles: «Parvenir à une compréhension partagée du problème et de la décision médicale prise, en faisant du patient un acteur à part entière de la consultation».

    Médecin de campagne en Charente-Maritime, le Dr Jacques Auger applique ces recettes depuis vingt-cinq ans. Sa pratique en a été bouleversée. «Après mon installation, j'ai vite découvert que beaucoup de mes patients n'écoutaient pas mes prescriptions diététiques ou ne prenaient pas leurs médicaments, raconte-t-il. En réalité, être bien intentionné et aimable ne suffit pas ; il faut aussi que le message médical soit acceptable.»

    Le médecin généraliste a donc pris l'habitude de vérifier la demande de son patient en la reprenant avec lui - mais sans traduire ses phrases en jargon médical. Il a aussi appris à tenir compte des convictions du malade qui lui fait face, tout comme de son mode de vie, de sa volonté et de sa capacité à changer ses habitudes alimentaires ou sportives. «De manière générale, les jeunes médecins ont tendance à donner trop d'informations, relève le Dr Chloé Delacour, médecin libéral et enseignante à la faculté de médecine de Strasbourg. Il est inefficace, par exemple, de noyer un diabétique sous les conseils nutritionnels.»

    Des consultations plus efficaces

    Alors que les maladies chroniques constituent une part de plus en plus importante de l'activité médicale et qu'une consultation dure seize minutes en moyenne, s'assurer la coopération du patient permet au médecin d'être plus efficace. Il en retire un grand confort de travail, selon le Dr Auger, «car il se sent moins exposé aux échecs et à la répétition des consultations».

    La démarche est une source de satisfaction pour le malade. Mais l'amélioration de la communication est aussi bénéfique pour la collectivité. La Haute autorité de santé estime que des aides à la décision fournies au patient pour augmenter son implication peuvent contribuer à «améliorer la qualité et la sécurité des soins». Des chercheurs néerlandais, eux, ont démontré qu'une formation à la communication peut avoir un effet sur les prescriptions de médicaments. Face à des personnes souffrant de bronchites, les médecins participant à cette étude devaient explorer les peurs de leurs malades, demander leur opinion sur les antibiotiques ou encore souligner la durée normale d'une infection respiratoire. Grâce à cette simple intervention, les prescriptions d'antibiotiques sont passées de 54 à 27 %.

    L'annonce du cancer, un moment délicat

    L'annonce d'une maladie grave est un moment très délicat. Depuis le premier plan cancer, une consultation est dédiée à l'explication du diagnostic et des traitements dans les hôpitaux. «Le médecin doit à son patient une information loyale, claire, appropriée et délivrée avec empathie», rappelle le Dr Jean-Marie Faroudja, membre du Conseil de l'ordre. Selon l'Inca, le malade doit pouvoir bénéficier d'une écoute et d'un soutien suffisants, d'une information adaptée et d'un accompagnement personnalisé. Certains CHU proposent ainsi des jeux de rôle aux soignants pour les former à l'annonce du cancer.

    LA RÉDACTION VOUS CONSEILLE:

    INTERVIEW - «Pendant la consultation, seul le malade compte» 

    Quand les médecins des corps font face aux maux de l'âme 

    Les patients aiment lire les notes de leur médecin




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    Que diriez-vous de porter un vêtement qui vous permettrait d'avoir des informations sur votre rythme cardiaque, votre humeur, de communiquer avec vos proches ? C'est la trouvaille d'une équipe de médecins et de chercheurs canadiens.
    Le vêtement aux multiples fonctionnalités

    L'entreprise OMsignal, spécialisée dans les technologies portatives, est en train de mettre en vente un vêtement qui intégrerait prouesses médicales et innovations technologiques... Ce T-shirt aux multiples fonctionnalités serait aussi performant que les appareils médicaux.

    Des capteurs seraient intégrés dans les fibres du vêtement et donneraient des informations en temps réel sur l'activité du corps.
    Connecté à un Smartphone, ce vêtement du futur fournirait les informations telles que la température du corps, le rythme cardiaque, le pouls, le nombre de calories perdues sur la journée, la transpiration, la respiration , l'état émotionnel...

    Ainsi, celui qui le porte peut à n'importe quel moment de la journée vérifier les données sur son état de santé et partager ces informations avec un tiers, et pourquoi pas son médecin.
    Lorsqu'il le souhaite, il pourra corriger certains paramètres, comme réguler son rythme cardiaque, sa respiration ou son stress.

    Ce T-shirt révolutionnaire aurait une autonomie comprise entre 3 et 5 jours.

    Le vêtement connecté : une révolution ?

    Ces dernières années, plusieurs objets et vêtements connectés ont vu le jour.
    Des montres et bracelets qui contrôlent le rythme cardiaque de celui qui les porte, aux chaussettes et semelles des sportifs qui comptabilisent le nombre de pas, en passant par les vêtements qui changent de couleur en fonction de notre humeur...

    Les vêtements high-tech pourrait donc être une révolution dans le domaine médical, par exemple pour la surveillance des personnes à risque (personnes âgées, bébés, femmes enceintes, malades chroniques).

    Pour ceux qui ont des doutes, rassurez-vous : les capteurs électriques ne sont pas du tout gênants dans le T-shirt. Ils sont plats et résistent même à l'eau et sont spécialement conçus à cet effet.

    Le vêtement connecté pourrait donc être d'une grande utilité pour le corps médical, mais il faudra patienter car il est encore phase de test.

    Par Emma Laurent

    En savoir plus sur http://news.radins.com/actualites/le-vetement-connecte-qui-nous-informe-sur-notre-etat-sante,8027.html#DsqE0BtZmYvbvzxz.99




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    Prostanet : site web dédié au cancer de la prostate par Takeda

    7 mai 2014 — rteston

    Le laboratoire Takeda lance un nouveau site web dédié au cancer de la prostate : Prostanet. Découverte.

    Pour accompagner le patient atteint de cancer de la prostate dans son parcours de soin ou la gestion de sa maladie, le laboratoire Takeda lance le site web Prostanet.com.

    Ce site web met à disposition des internautes différents espaces d"information sur la pathologie (prévention, diagnostic…), les traitements et l’accompagnement au quotidien (prise en charge, accompagnement par le corps médical, soutien psychologique…). Des témoignages patients sont également proposés.

    Prostanet traite le cancer de la prostate au travers de 8 questions :

    Comment prévenir le cancer ?PSA : qu’est-ce que c’est ?Biopsie : Pourquoi ? Comment ? Qu’est-ce qu’on me fait ?Imagerie : Quand ? Pourquoi ?Traitement : comment mon médecin choisit-il ?Incontinence : Est-ce une fatalité ? comment la gérer ?Vie de couple : quelles solutions existent ?Quel est le rôle de mon médecin généraliste ?

    Une chaîne Youtube Prostanet propose en complément des témoignages vidéos de professionnels de santé sur le cancer de la prostate ou sur le rôle du corps médical dans l’accompagnement des patients.

    Source : Takeda




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    SCIENCES - Une entreprise lyonnaise a inventé un maillot permettant de mesurer fréquence cardiaque et mouvement...

    Des tee-shirts capables de mesurer le rythme cardiaque, la vitesse ou position à la place des ceintures et bracelets GPS… Inimaginable il y a encore quelques années, cette technologie, mise au point par le spécialiste lyonnais du vêtement connecté Citizen Sciences, devrait prochainement débarquer dans les magasins spécialisés.

    Ce défi industriel, récompensé en janvier au Consumer Electronics Show de Las Vegas, a commencé en 2003 sous l’impulsion de Jean-Luc Errant, alors spécialiste des nouvelles technologies de l’information et de la communication appliquée à la santé. «Il cherchait au départ un outil léger et fiable pour suivre la santé des sportifs dans des conditions extrêmes comme l’alpinisme, explique Laure Jouteau, directrice marketing de Citizen Sciences. Les vêtements étant les seules choses qu’on n’oublie pas en partant de chez soi, le textile s’est imposé comme le support idéal.» 

    Des micro capteurs tissés

    En 2008, Citizen Sciences voit le jour et le projet industriel est lancé et développé avec le soutien d’une douzaine d’industriels et partenaires académiques, moyennant 18 millions d’euros d’investissement sur quatre ans. Le fonctionnement de «D-shirt» repose sur des micro capteurs tissés dans la fibre textile. Les informations récoltées sont transmises dans un petit boîtier intégré dans le vêtement, analysées et transférées sur smartphone.

    En créant le D-shirt, Citizen Sciences voulait à tout prix éviter le côté gadget et concevoir une technique compatible avec une production industrielle en grande série. Le maillot a donc été conçu pour être confortable à porter et supporter entre 100 et 200 lavages

    Le prototype actuel permet de mesurer la fréquence cardiaque, le mouvement (vitesse, accélération, saut) et la position GPS. «Mais demain, nous voulons pouvoir mesurer le niveau d’hydratation, la température, la respiration», ajoute la start-up qui doit sortir cet été la présérie industrielle. Les maillots seront ensuite testés sur un panel d’utilisateurs, et vendus en ligne et dans les boutiques du réseau Cyclolab pour la coquette somme de 300 euros.

    Un maillot bientôt testé par l’Asvel et l'ASSE

    Avant d’arriver en boutique, le t-shirt connecté aura fait l’objet de longues années d’études et de conception. Une aventure technologique à laquelle ont participé des chercheurs, industriels, réseaux de distribution mais aussi des clubs sportifs. L’Asvel, club de basket de Villeurbanne, participe au projet depuis deux ans, tout comme le stade Toulousain et l’AS Saint-Etienne. «Au bout du bout, ce vêtement connecté doit nous permettre de connaître, grâce à toutes une série de données croisées, l’état de forme du joueur. S’il est fatigué ou pas», explique le préparateur physique de l’Asvel Fabrice Serrano.

    Une fois ces informations en poche, ce professionnel espère ainsi améliorer «la préparation des basketteurs et leurs performances». Fin 2014, certains joueurs villeurbannais, rugbymen toulousains et footballeurs stéphanois testeront le maillot.  Les échanges et tests avec les joueurs doivent nous permettent de savoir ce dont ils ont besoin en terme de données et de développer nos textiles connectés», explique Citizen Sciences, qui travaille déjà sur la sortie d’autres vêtements connectés. «L’objectif, c’est qu’en 2015, on puisse avoir sa panoplie connectée, composée du t-shirt et d’un caleçon de course connectés», précise la société.




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    Une application mobile et des lunettes 3 D pour aider à traiter les troubles phobiques03. mai/Applications de santé Serious Games/Pas de commentaire

    Vous avez une peur panique à l’idée de parler en public ou de prendre l’avion ? Une startup barcelonaise, Phobious, a développé une application qui, combinée à des lunettes 3D, vous promet de vaincre vos peurs en vous exposant virtuellement aux situations que vous craignez.

    Le principe : la désensibilisation systématique

    Les troubles phobiques touchent de très nombreuses personnes (20 millions aux Etats-Unis), mais seule une proportion assez faible d’entre elles se déciderait à consulter un spécialiste pour en venir à bout, notamment pour des raisons de coût ou d’accès à un professionnel de santé qualifié. Les solutions existent pourtant et seraient efficaces : selon les fondateurs de Phobious, dans 90 % des cas, l’utilisation de thérapies comme la désensibilisation systématique permettrait de vaincre ces peurs.

    Le principe ? Une exposition répétée et progressive aux situations anxiogènes. Cette thérapie comportementale repose aujourd’hui essentiellement sur l’imagination du patient. La réalité virtuelle et la réalité augmentée seraient donc particulièrement bien adaptées à ces traitements, pour donner un coup de pouce à l'imagination. Mais les équipements actuels sont particulièrement coûteux et difficiles à déployer à grande échelle.

    Comment fonctionne la plateforme Phobious ?

    L’objectif de Phobious est de transformer tout smartphone en terminal de réalité virtuelle. Pour y parvenir, la startup a développé des lunettes 3D spéciales pouvant accueillir un smartphone, le tout devenant ainsi un véritable masque de réalité virtuelle immersive. Elle propose en parallèle toute une série d'univers virtuels permettant d'exposer progressivement l'utilisateur à des situations anxiogènes (voyage en avion, rendez-vous pour une prise de sang, etc.). 

    La startup barcelonaise, basée aujourd'hui à Baltimore aux Etats-Unis, se prépare à commercialiser deux offres :

    une offre professionnelle, destinée aux thérapeutes, qui inclurait une formation et des programmes d'immersion audiovisuelle (paramétrables par le thérapeute en fonction de l'avancée du traitement) couvrant les différents troubles phobiquesune offre « grand public », destinée directement aux personnes souffrant de ces troubles 

    Les avantages ? Un coût relativement faible de l’équipement (hors smartphone) et une utilisation possible depuis n’importe où, en présence ou non d’un thérapeute.

    Les usages possibles seraient multiples : une utilisation dans le cabinet du thérapeute pendant une consultation, à distance en téléconsultation avec un thérapeute (le patient étant par exemple à son domicile), voire une utilisation sans l’assistance d’un thérapeute (cette dernière solution devant rester limitée aux cas de phobies modérées ou comme première approche au traitement précise Phobious).

    Les perspectives

    La plateforme est actuellement testée par 35 thérapeutes aux Etats-Unis et en Espagne. Des psychologues de l’Université de Stanford et de l’Université de Johns Hopkins aux Etats-Unis, ainsi que l’Hôpital de Sant Pau à Barcelone, participent au développement et à l’amélioration de la solution.

    La startup espère pouvoir lancer son premier pack en septembre (elle recherche actuellement un financement complémentaire pour tenir ce calendrier). Parmi les troubles phobiques abordés : la peur du dentiste, des araignées, des cafards, des piqures, des chiens, de l’école, de l’eau, de conduire, sans oublier le vertige et la claustrophobie. Phobious espère également obtenir le marquage CE en Europe et l’agrément de la FDA aux Etats-Unis, notamment pour pouvoir être utilisé dans le traitement du trouble de stress post-traumatique.

    Les offres actuellement proposées sur leur site permettent de télécharger d’ores et déjà l’application seule (49 $, soit environ 35 euros). Les packs incluant les lunettes 3D sont uniquement disponibles en pré-commande (149 $ pour l’appli et les lunettes 3 D ; 299 $ si l’on y ajoute 2 séances avec un psychologue). Les offres à destination des professionnels n'ont pas été dévoilées (la startup semble privilégier un forfait mensuel, si l'on en croit sa présentation à l'occasion de DreamIt Health Baltimore).

    Cette plateforme est une manifestation supplémentaire du potentiel de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée dans le domaine de la santé. Reste à voir ce que Oculus Rift, racheté récemment par Facebook, proposera dans un avenir peut-être pas si lointain.

    Sources : Mobile World Capital Barcelona, MedCity News

    En images : un exemple de réalité augmentée (phobie des araignées et des aiguilles) et une mise en situation en réalité virtuelle (phobie de l'avion)




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    Le sport est-il en train de devenir une activité quasi scientifique ? C’est la question que l’on peut se poser en observant combien le numérique et les capteurs sont en train de transformer les pratiques sportives. On pense bien sûr aux performances de courses et d’endurances que tout à chacun mesure désormais avec son smartphone, mais pas seulement… La transformation ne touche pas que les sports individuels et les pratiques amateures, mais également les sports collectifs et les pratiques professionnelles. C’est le cas par exemple du football. C’est ce qu’on a découvert lorsque Carlo Ancelotti, l’entraîneur du PSG, a instauré le port du brassard GPS lors de l’entraînement de ses joueurs, et s’est accompagné d’un “super-nutritioniste” chargé d’optimiser les potentialités des membres de l’équipe. Ce mouvement de fond n’est d’ailleurs pas propre au football. Les cyclistes de la Team Sky, dont Bradley Wiggins et Christopher Froome sont les plus connus, optimisent tellement leur technique, à coup de mesures et de graphiques, qu’on a pu à plusieurs reprises les soupçonner de pratiquer le dopage…

    Philippe Gargov (@philippegargov), conseil en prospective urbaine, animateur du blog Pop-up urbain, s’intéresse également aux stratégies footballistiques sur football totalitaire (@footalitaire). A l’occasion d’un atelier du groupe de travail Bodyware de la Fing, il est revenu sur les tenants et les aboutissements d’une telle révolution (voir également son article de fond sur l’usage de la statistique dans le football réalisé pour Les Cahiers du football).

    Football et Data

    Les données sont bien sûr au centre de cette nouvelle approche du sport. Mais pour en recueillir, encore faut-il disposer de capteurs adéquats. Si l’usage des brassards connectés se répand de plus en plus, il existe aussi des systèmes de capteurs plus exotiques, comme certains ballons “augmentés” (à l’image du ballon de basket 94fifty et du Smart Ball d’Adidas). Mais un ballon de foot est déjà très optimisé pour un environnement précis et ajouter des capteurs n’est pas forcément la meilleure idée… En fait, une bonne part des data qu’on peut récupérer sur un match de foot le sont par des moyens tout a fait classiques : à l’aide des caméras qui enregistrent les actions sur le stade.

    Evidemment seuls les pros peuvent profiter de ces brassards ou de la présence constante de multiples caméras. Dans le domaine amateur ou semi-pro, il existe des moyens plus artisanaux de récupérer des données. Les centres de formation aux Etats-Unis sont souvent équipés de l’application Performa Sport, qui fonctionne sur iPad (vidéo). Celle-ci permet d’enregistrer les actions rapides des joueurs, soit en temps réel soit en s’aidant d’une captation vidéo. Avec un tel outil, on peut montrer à un joueur comment il peut s’améliorer, objectiver sa pratique.

    Entre le semi-pro et l’amateur, il y a le domaine du “proamataeur”, qui pourrait aussi bénéficier de tels enrichissements numériques : il existe par exemple des vélos d’appartement connectés pour refaire le tour de France, d’Italie, les paramètres de l’appareil reproduisent les pentes de la vraie course : on essaie ainsi de calquer ses performances sur le niveau professionnel.

    Autre exemple Nike Plus, une chaussure équipée de capteurs permettant de mesurer des données comme la vitesse, l’accélération…

    Philippe Gargov nous a expliqué qu’il existe quatre générations de statistiques appliquées au foot : la première ne se préoccupe que des scores, de qui a gagné le match ; elle ne nécessite pas d’outils de mesure, ni d’êtres humains se consacrant à la tâche de récupérer des données. La seconde entre un peu plus dans les détails : elle enregistre le nombre de passes et d’actions basiques effectuées par chaque joueur. Un agent humain chargé du comptage devient nécessaire. La troisième génération prend en compte les mouvements sur le terrain : il faut donc utiliser des capteurs, pour la géolocalisation, et obtenir des données sur le mouvement, la vitesse. La quatrième génération, déjà réalisable mais pas encore effective, devrait intégrer des capte! urs physiologiques. La cinquième génération est encore à imaginer…

    Le métier d’une société comme Opta Sport est de travailler sur ces statistiques, qu’ils accumulent et qu’ils vendent à des partenaires externes. Trois personnes travaillent sur chaque match. Deux d’entre elles se chargent d’enregistrer les actions, la troisième vérifie les stats. En matière de capteurs, pas de brassards, encore moins de ballons connectés ; ils se contentent d’analyser en temps réel les images retransmises par les caméras.

    Mais avec ces techniques on arrive assez vite aux limites du chiffre pour le chiffre. Or, ce qui intéresse Opta, c’est de déterminer les indicateurs qui permettent d’objectiver la performance, de créer des profils… C’est une chose de savoir si un joueur est bon ou mauvais, mais son rôle est-il impactant dans l’équipe, et de quelle manière ? Même si, aujourd’hui, les lecteurs sont de plus en plus capables de suivre ces tableaux et ces graphes, les statistiques nécessitent un minimum d’éditorialisation et d’explication. Une société comme Squawka.com produit de l’éditorial en grande quantité à partir des stats d’Opta.

    Cet usage général de la statistique ne pose-t-il pas des questions éthiques ? Que se passe-t-il par exemple si un joueur se sent fatigué et souhaite arrêter alors que les statistiques affirment qu’il doit continuer ? Pour Philippe Gargov, les risques ne sont pas tant à craindre du milieu du sport professionnel que des milieux amateurs ou pro-amateurs, par exemple dans le cas d’une relation entre un jeune de 16 ans et un éducateur qui découvre la statistique et qui peut mettre l’adolescent en danger…

    L’arrivée de ces outils mathématiques a déjà des incidences. Elle a fait naître une nouvelle génération de jeunes “blogueurs de foot” qui raisonnent à partir de ces chiffres et publient leurs pronostics et leurs avis en se basant sur eux. Ce qui ne va pas sans faire grincer les dents des analystes à l’ancienne mode, pas forcément heureux de voir de jeunes gens contredire leurs analyses basées sur plusieurs années d’expérience, à l’aide de ces colonnes de chiffres. Un Michael Cox, qui utilise de telles techniques dans son blog Zonal Marking, a aujourd’hui rejoint les grands médias et travaille au Guardian.

    A quoi ressemblera un média sportif demain ? Avec Fabien GirardinScott Smith, Philippe Gargov a participé à un projet de Design-fiction, Today Sports, un journal sportif publié en 2018. En plus de l’injection massive de stats, ce futur magazine utiliserait de nouveaux outils très inspirés par les technologies du numérique, comme “Molecula Football”, un outil d’analyse du réseau de joueurs, et inspiré par un procédé expérimental déjà existant, Footoscope, également mis au point par Fabien Girardin.




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    Maypopp : nouvelle plateforme de téléconsultation9 mai 2014 — rteston

    Une nouvelle plateforme de téléconseil et de téléconsultation, mettant en relation des utilisateurs et des médecins fait son apparition sur le toile : Maypopp. Présentation.

    Pour répondre à la problématique de désertification médicale, la start-up e-santé Maypopp apporte une réponse concrète avec le lancement d’une plateforme d’échanges dédiée à la santé où seuls des médecins peuvent répondre aux questions des patients.

    Cette plateforme permet au patient de poser des questions de manière anonyme et gratuite, et d’obtenir une réponse fiable en peu de temps. Elle permet notamment de bénéficier de téléconsultation privée et sécurisée avec le médecin de son choix.

    Via l’application mobile dédiée et le site web Maypopp, l’utilisateur peut se connecter à un panel de médecins pour répondre à ses interrogations par écrit dans un premier temps puis par visio-conférence. Pour les professionnels de la santé, Maypopp permet d’acquérir de nouveaux patients tout en contribuant à la qualité des informations santé en ligne.




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    Le cerveau, ce n'est pas 1 million de lignes de code 9

    09.05.2014 - 08:45

     

    Quand on s'intéresse à ce que le monde du numérique dit du corps et de la vie, il y a des chances pour qu'on tombe assez vite sur des prédictions intimidantes : « bientôt, nous serons tous des cyborgs », « en 2045, nous aurons complètement fusionné avec les machines » et. Un des spécialistes de ce genre de déclarations, c’est un type du nom de Ray Kurzweil – dont je vous ai déjà parlé ici. Inventeur assez génial, homme d’affaire avisé, Kurweil est devenu depuis une vingtaine d’années le promoteur d’un courant qu’on appelle le transhumanisme – et qui considère que l’homme fusionnera bientôt avec les machines, donnant ainsi naissance à une posthumanité –, des idées que Kurzweil vend dans le monde entier à coup de livres et de conférences, des idées qu’il vend aussi à des entreprises sur-puissantes : Google l’a engagé pour diriger un programme sur l’apprentissage du langage par les machines. Le problème avec Kurzweil – et beaucoup de tranhumanistes – c’est leur force de conviction qui passe par un discours scientifico-techno-philosophique dont on sent bien qu’il cloche, sans qu’on sache bien où. Or, dernièrement, je suis tombé sur la preuve que Kurzweil racontait n’importe quoi. Ca m’a réjoui et je tiens à partager cette réjouissance avec vous.

    Ca concerne un aspect important du tranhsumanisme : la conviction toujours répétée que très bientôt, nous pourrons dupliquer nos cerveaux dans des ordinateurs. Kurzweil pense que ce sera possible en 2020, et d’ailleurs, il a conservé le cerveau de son père décédé dans cette perspective. Et à l’appui de sa thèse, voici le type de discours que Kurzweil peut tenir : “Le design du cerveau est dans le génome. Le génome humain, c’est 3 milliards de paires de bases, soit six milliards de bits, ce qui fait à peu près 800 millions de bits après compression. En éliminant les redondances […], cette information peut être compressée en à peu près 50 millions de bits. Or le cerveau, c’est à peu près la moitié de ça, environ 25 millions de bits, soit un million de lignes de codes ». Et voilà, en une démonstration implacable et intimidante, Kurzweil nous prouve qu’un million de lignes de codes suffiraient à dupliquer le fonctionnement du humain. (Je dis « suffiraient » parce que c’est peu 1 million de lignes de code, à titre de comparaison, Microsoft Office 2013, c’est 45 millions de lignes de code).

    Sauf que pour une fois, quelqu’un s’est manifesté pour expliquer que Kurzweil racontait n’importe quoi. Cette personne s’appelle Paul Zacharie  Myers, c’est un biologiste reconnu de l’Université du Minnesota, spécialisé en génétique du développement et il tient un blog du nom de Pharyngula. Et c’est sur son blog que Myers explique très calmement pourquoi Kurzweil raconte n’importe quoi. Voici sa démonstration. La prémisse du raisonnement de Kurzweil, est « Le design du cerveau est dans le génome ». Totalement faux, dit le chercheur. Le design du cerveau n’est pas encodé dans le génome. Ce qui est dans le génome, c’est une collection d’outils moléculaires, c’est la part régulatrice du génome, celle qui rend les cellules sensibles aux interactions avec un environnement complexe. Pendant son développement, le cerveau se déplie grâce à des interactions entre cellules, interactions dont nous ne comprenons aujourd’hui qu’une petite partie. Le résultat final, c’est un cerveau qui est beaucoup plus complexe que la somme des nucléotides qui encodent quelques milliers de protéines. On ne peut pas du tout déduire un cerveau des séquences de protéines de son génome. La manière dont vont s’exprimer ces séquences est dépendante de l’environnement et de l’histoire de quelques centaines de milliards de cellules, interdépendantes les unes des autres. Nous n’avons aucun moyen pour calculer en principe toutes les interactions et fonctions possibles d’une simple protéine avec les dizaines de milliers d’autres qui sont dans la cellule, qui serait la première étape essentielle à l’exécution de l’algorithme improbable de Kurzweil. A l’appui de sa démonstration, le chercheur prend quelques exemples de quelques protéines et on montre à quel point les interactions sont nombreuses, complexes et surtout, encore méconnues.

    Ce qui est très intéressant, c’est que Myers tient bien  à préciser qu’il n’est pas hostile à l’idée que le cerveau est une sorte d’ordinateur, et qu’on pourra un jour reproduire artificiellement ses fonctions. Mais, explique-t-il, il ne faut pas pour autant raconter n’importe quoi, comme le fait Kurzweil, et bâtir ses raisonnements sur des prémisses fausses. Et pan dans ta gueule Kurzweil. Si seulement plus de chercheurs pouvaient prendre la peine d’apporter leur savoir pour interroger les discours transhumanistes, ça nous éviterait peut-être d’entendre bien des absurdités et d’assister à une autre marchandisation de la vie humaine, celle qui consiste à vendre du  rêve biotechnologique.

     

     




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    Depuis son invention par Laennec en 1816, le Stéthoscope n’a pas beaucoup évolué: un pavillon, un tuyau et des écouteurs. L’arrivée de l’électronique n’a pas révolutionné cet outil, même s’il l’a grandement amélioré en terme d’écoute et de confort.

    Un jeune étudiant, Suman Mulumudi, vient de mettre au point une coque pour iPhone, destinée à remplacer votre stéthoscope: la Steth IO. Fabriquée à l’aide d’une simple imprimante 3D, le système est très simple: la coque dispose d’un pavillon avec une membrane, qui transmet les ondes sonores reçues au smartphone. On pourra ainsi écouter et ré-écouter le murmure vésiculaire ou les battements cardiaques de notre patient, à volonté…

    Un patient pourra également « s’ausculter » et envoyer le fichier audio à son médecin généraliste ou son cardiologue.
    La société StratoScientif qui commercialise le produit, affirme qu’il est plus simple d’identifier le troisième bruit cardiaque (S3) en utilisant Steth IO. Je veux bien le croire…

     

    Pour info, le Steth IO n’a pas encore obtenu la 510k de la FDA, autorisant une commercialisation du produit comme dispositif médical. Cela ne devrait pas trop tarder.

    Steth IO de chez StratoScientific

     




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    ÉMISSION #14
    Le mélanome est une forme de cancer de la peau très dangereux s'il n'est pas détecté à temps, et qui touche de plus en plus d'individus. Aujourd’hui, l'innovation dans la détection de ces cancers a pris une tournure très high-tech. Le docteur Mariam Sadeghi, de l’université de Surrey en banlieue de Vancouver au Canada, a mis au point le « molescope ». Connecté à un smartphone, cet appareil est capable de détecter des cancers de la peau. Un test fiable et surprenant à découvrir dans Futuremag.



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    Placer l’utilisateur au centre et l’accompagner sur le long terme sont les fondements pour réussir dans le secteur de la santé numérique et apporter des solutions disruptives.

    Entretien avec Alexis Normand, Directeur du Développement Commercial Santé chez Withings, société française développant et commercialisant des objets connectés, à la suite de son intervention au sommet européen mSanté à Berlin sur la "Révolution de la santé connectée"

    L’Atelier : Chez Withings, travaillez-vous en partenariat avec des professionnels de la santé ?

    Alexis Normand : Oui, nous vendons des produits aux médecins pour un usage en l’état comme c’est le cas avec l’Hôpital Européen Georges Pompidou qui possède une dizaine de nos tensiomètres et les prête à ses patients pour qu’ils puissent s’auto-mesurer à domicile. Ensuite, nous allons plus loin avec des hôpitaux qui équipent leurs patients et mettent en place un système de récupération de données de notre plateforme vers la leur pour créer des alertes à l’intérieur de systèmes d’expert. Par exemple, nous équipons le CHU de Toulouse qui a développé un système de suivi des patients atteints de diabète, et lorsque ces personnes prennent rapidement du poids, cela peut transmettre une alerte à un médecin. Ou bien l’hôpital de l’Université de Norvège qui suit l’insuffisance cardiaque de ses patients avec nos pèse-personnes. En outre, nous collaborons avec des instituts de recherche en épidémiologie à l’Inserm sur la gestion des données.

    Décririez-vous vos produits comme du wearable ?

    Oui et non. Nous nous plaçons dans le "quantified self" mais tout n’est pas forcément porté. La balance par exemple. Elle reste chez vous et a une durée de vie plus longue que les wearable. Le risque du wearable c’est d’être des objets de mode donc qui, par définition, se démodent. Notre objectif est d’avoir une relation dans la durée avec l’utilisateur. Le wearable fait partie de nos activités mais n’en est pas le centre.

    Diriez-vous que le wearable est cool ou effrayant ?

    Nous nous efforçons de le rendre cool et sexy car c’est ce qui va donner envie aux gens de s’en servir, ce n’est donc pas un objectif superficiel. Mais aujourd’hui, les craintes qui nous sont souvent exprimées concernent l’utilisation des données. Nous plaçons la protection des données utilisateur et de la vie privée au cœur de nos préoccupations. Nous avons dans notre équipe un "data privacy officer" dont le rôle est précisément de gérer ces problématiques. Il faut en effet rassurer les utilisateurs sur ces questions.

    Maintenant, nous observons un angle médiatique en France assez fréquent qui est de tout de suite voir le risque dans ce que nous faisons. Alors que les Anglo-saxons sont beaucoup plus dans une approche de risques-avantages. À l’époque, les mêmes questions s’étaient posées lorsque la carte bleue a fait son apparition. Puis nous nous sommes vite rendus compte que c’était beaucoup plus pratique et qu’il était possible de faire un traitement anonyme des données.

    En quoi peut-on dire que Withings apporte des solutions disruptives ?

    Nous sommes disruptifs dans la mesure où nous nous intéressons à l’utilisateur. Le sens originel de la santé et de la médecine sous-entend qu’il y ait prévention et soin. Nous donnons donc de nouveaux outils à l’aspect de la prévention. C’est disruptif car aujourd’hui, le système de soins est centré sur le médical et il est très performant, mais nous donnons aujourd’hui les outils à l’utilisateur et au patient pour se prendre en charge dans la durée. Cela signifie que ce ne sont plus les mêmes modèles de financement, ce n’est plus de la télé-médecine car les technologies numériques ont pris une telle importance que les médecins sont obligés de s’adapter. Et cela bouscule aussi la médecine traditionnelle.




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